Mon témoignage de conversion donné pour le Journal Alpha

Emmanuel Ake, 31 ans, informaticien membre de l’Eglise Réformée de Lagny, Chelles, Marne la Vallée(Noisiel).

Marié depuis le 13 octobre 2007, bientôt papa !

 

« Je me sens citoyen des Cieux. C’est dans cet état d’esprit que je me rends à mon travail : léger, serein. Et cela doit se voir ! Combien de fois m’a-t-on dit « tu sembles calme et dans la paix ! ». Des qualités appréciables dans le stress d’un cabinet d’avocat ! Depuis ma conversion, j’aime raconter combien le Seigneur a bouleversé ma vie. Alors je saisis toutes les occasions : « Cette paix, commencé-je le plus souvent, je ne l’ai pas toujours eue…

Arrivé en France à l’âge de 7 ans, je n’ai pas beaucoup de souvenir de la Côte d’Ivoire ; j’ai plutôt grandi avec la culture française. D’où mon peu d’intérêt pour la religion et toutes les choses de l’Eglise. Ici, cela ne va pas de soi. Mes parents allaient bien au culte pourtant – ils sont méthodistes – mais ils n’exigeaient pas qu’on les accompagne. Jusqu’à il y a quelques années, le dimanche matin, c’était le moment  où je récupérais de ma longue semaine.

J’avais bien un grand oncle pasteur qui nous invitait à la prière, moi et mes 6 frères et sœurs. Je savais qu’il y avait le grand Dieu de la Bible, mais je n’avais pas de relation avec lui. C’est une chose de croire que Dieu existe, c’en est une autre de le vivre au quotidien.  Moi je n’en étais pas là. Mais cela ne me posait pas de problème particulier ; et cela ne m’empêchait pas non plus d’avoir certaines valeurs : j’essayais d’être juste, de respecter mon prochain, de ne pas mentir…Personne n’était croyant au lycée, personne n’est venu nous parler de Jésus. Mais par rapport à certains, la morale que j’avais me semblait respectable.

En tant que l’un des grands-frères, je me suis très vite senti responsable de ma famille. Elève sérieux,  j’avais conscience qu’il fallait beaucoup travailler pour réussir.

Les questionnements sont apparus plus tard. Suite à une expérience professionnelle insatisfaisante – je travaillais énormément sans avoir le salaire qui allait avec – j’ai décidé de démissionner et me suis donc retrouvé au chômage. J’étais loin d’imaginer que cette période allait durer un an et demi… J’allais de refus en refus sans comprendre. Je me demandais quel était le sens de tout cela, quel était le sens de ma vie, ce que je laisserais derrière moi…

J’en étais là, quand un beau matin, j’ai appelé mon frère pour lui dire « demain, je t’accompagne à l’église ! ». Ne me demandez pas ce qui m’a pris, je l’ignore ! Toujours est-il que je suis allé à l’église et que j’ai été touché par la joie que je percevais chez les gens. J’y suis retourné le dimanche suivant. Puis le suivant… Je me suis mis à lire - sans comprendre-la bible que l’on m’avait offerte. Quelque chose bouillonnait en moi, je me sentais bien.

Aussi n’ai-je pas hésité quand le pasteur nous a proposé Alpha. Cela me semblait être un bon plan ce concept de discuter autour d’un repas. Cette histoire de week-end à l’Esprit saint m’interpellait aussi, j’avais le pressentiment qu’il pouvait s’y passer quelque chose.

Je me suis donc rendu à la première soirée avec une vraie excitation. Et je n’ai pas été déçu : l’ambiance, le cadre, à la fois simple et chaleureux, tout cela me plaisait. Certaines têtes ne m’étaient pas inconnues et je me sentais bien dans ce groupe. Je suis rentré chez moi en me disant : « s’ils ont la foi pourquoi pas moi ? ».

Par la suite, pour rien au monde je n’aurais raté un mercredi. C’était devenu un rendez-vous vital, qui me préparait au dimanche. Petit à petit, je me suis mis à prendre des notes pendant le culte. La lecture de la Bible a supplanté ma passion pour les jeux vidéo. Ma vie se conformait à ce que je lisais : finis les sites de rencontres sur internet, et à la poubelle les CD X !

Plus les semaines avançaient, plus j’avais cette certitude : non seulement le grand Dieu de la Bible existe, mais il est possible de nouer avec lui une relation proche. Des gens en vivaient et en parlaient avec joie…Leur foi vivante m’attirait. Mais il me manquait encore quelque chose, je n’avais pas expérimenté la rencontre…

Le week-end à l’Esprit Saint a propulsé le changement. Il avait lieu dans un petit prieuré de religieuses où l’on se sentait coupé du monde. Le soir, dans ma chambre, alors que j’essayais de répondre au questionnaire que nous avait donné le pasteur « pour faire le point », je suis tombé en arrêt sur un passage de l’Evangile de Mathieu : « Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pêcheurs ». Je l’avais déjà entendu, mais là, je me suis reconnu dans le mot « pêcheur ». Alors je suis tombé à genoux, en pleurant, et j’ai dit à Dieu « Je te demande pardon d’avoir ignoré ton existence. Aide-moi à te connaître vraiment ».

Le lendemain, je me suis réveillé dans une joie que je n’avais jamais connue. Moi le timide, j’ai même chanté en langues avec l’assemblée ; J’étais comme connecté avec le Seigneur. Je me sentais aimé profondément… C’était waouh…

Je suis rentré à la maison différent, décidé à donner ma vie à Dieu, à lui consacrer le plus de place possible. Devenir pasteur ? Pourquoi pas, c’est le Seigneur qui affinera, c’est lui qui ouvre les portes. Mais une chose est sûre : je sens le désir d’étudier pour mieux le servir.

Ma mère fut la première touchée par cette transformation, mais tous mes amis s’en sont également aperçus. Il faut dire que je me suis mis à passer de plus en plus de temps à l’église, où j’ai pris, comme premier service, la préparation du lieu de culte, avant de servir des parcours alpha comme co-animateur puis comme conférencier. « Dieu existe, je l’ai rencontré », ai-je envie de dire à tout le monde ! C’est à lui maintenant que je m’en remets quand j’ai une décision à prendre. C’est comme cela que j’ai fini par trouver du travail : en comptant sur son aide et en faisant confiance. J’ai postulé autrement et ai même marqué sur mon CV que j’étais chantre dans une paroisse ! Et j’ai trouvé !

C’est Dieu, aussi, qui m’a montré celle qui est devenu mon épouse en octobre dernier. Pour différentes raisons, cette relation n’a pas été facile à faire admettre à ma famille. Mais j’ai persévéré, fort de cette conviction « Si Dieu est pour nous, qui est contre nous ? ».

Recueilli par Isabelle O’NEILL

 

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